{"id":248930,"date":"2021-09-09T09:24:34","date_gmt":"2021-09-09T07:24:34","guid":{"rendered":"https:\/\/www.matachana.com\/?p=248930"},"modified":"2022-01-25T08:52:25","modified_gmt":"2022-01-25T07:52:25","slug":"maladies-neurodegeneratives-mise-a-jour-concernant-le-retraitement-du-materiel-a-haut-risque","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.matachana.com\/fr\/maladies-neurodegeneratives-mise-a-jour-concernant-le-retraitement-du-materiel-a-haut-risque\/","title":{"rendered":"MALADIES NEUROD\u00c9G\u00c9N\u00c9RATIVES: MISE \u00c0 JOUR CONCERNANT LE RETRAITEMENT DU MAT\u00c9RIEL \u00c0 HAUT RISQUE"},"content":{"rendered":"
\u00abPrion\u00bb est un terme employ\u00e9 pour d\u00e9crire le myst\u00e9rieux agent infectieux responsable de plusieurs maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives qui se manifestent chez des mammif\u00e8res. Le mot vient de \u00ab particule prot\u00e9ique infectieuse \u00bb, terme utilis\u00e9 en 1982 par Stanley B. Prusiner (prix Nobel de m\u00e9decine en 1997) pour se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l’agent infectieux qui provoquait la tremblante (scrapie) chez les moutons, le Kuru et la maladie de Creutzfeldt-Jakob (MCJ) chez les hommes, ainsi que l’enc\u00e9phalopathie spongiforme bovine (ESB) chez les bovins. Les maladies \u00e0 prions ont toujours exist\u00e9 mais leur incidence sur la population est, en g\u00e9n\u00e9ral, extr\u00eamement faible.<\/p>\n
Dans les ann\u00e9es 80, les vaches qui avaient consomm\u00e9 des aliments contamin\u00e9s par des cadavres de moutons touch\u00e9s par la tremblante, d\u00e9velopp\u00e8rent l’ESB. Au milieu des ann\u00e9es 90, des personnes qui avaient mang\u00e9 de la viande de vaches malades manifest\u00e8rent une variante de la maladie de Creutzfeldt-Jakob, recevant le nom de \u00ab maladie de la vache folle \u00bb.<\/p>\n
L’agent infectieux est une prot\u00e9ine qui se trouve dans les membranes de cellules normales (PrPc), principalement du syst\u00e8me nerveux central. Dans ces maladies, la prot\u00e9ine prend une conformation anormale (PrPSc) qui se lie \u00e0 d’autres prot\u00e9ines voisines, induisant une modification de la configuration qui provoque une r\u00e9action en cha\u00eene et favorise la production de nouvelles prot\u00e9ines infectieuses. Manger de la viande de vaches malades peut provoquer que la prot\u00e9ine prion normale se replie de fa\u00e7on atypique, donnant lieu \u00e0 l’isoforme alt\u00e9r\u00e9e. On pense \u00e9galement que la maladie a \u00e9t\u00e9 transmise \u00e0 des patients qui avaient re\u00e7u des greffes de corn\u00e9e et de dure-m\u00e8re de donneurs malades, par la prot\u00e9ine anormale. De m\u00eame, des cas exceptionnels de transmission par voie iatrog\u00e8ne ont \u00e9t\u00e9 recens\u00e9s, \u00e0 travers l’utilisation de dispositifs m\u00e9dicaux contamin\u00e9s par des r\u00e9sidus organiques de personnes affect\u00e9es, mais qui n’ont repr\u00e9sent\u00e9 ni 1 % des cas recens\u00e9s depuis 19501. Les p\u00e9riodes d’incubation de ces maladies sont tr\u00e8s longues et les sympt\u00f4mes sont tr\u00e8s vari\u00e9s dans le temps, conduisant \u00e0 une d\u00e9t\u00e9rioration neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9rative extr\u00eame au cours des derniers stades de la maladie qui se termine par le d\u00e9c\u00e8s du patient.<\/p>\n
La PrPsc est tr\u00e8s r\u00e9sistante aux m\u00e9thodes de d\u00e9sinfection et de st\u00e9rilisation conventionnelles et sa r\u00e9sistance peut \u00eatre renforc\u00e9e par l’utilisation d’agents de fixation si les prot\u00e9ines n’ont pas \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9es de fa\u00e7on efficace au cours des premi\u00e8res \u00e9tapes de retraitement.<\/p>\n
Certains pays ont mis en place des r\u00e9glementations sp\u00e9cifiques visant \u00e0 garantir l’\u00e9limination\/inactivation des prot\u00e9ines prions des dispositifs m\u00e9dicaux. Elles se basent toutes sur la d\u00e9tection de patients \u00e0 risque (confirm\u00e9s, avec sympt\u00f4mes ou contraintes g\u00e9n\u00e9tiques) et l’attention particuli\u00e8re des chirurgies li\u00e9es au syst\u00e8me nerveux central (tissus \u00e0 haut risque) : cerveau, moelle \u00e9pini\u00e8re ou partie post\u00e9rieure de l’\u0153il. Voici quelques exemples de base :<\/p>\n
\u00a0
<\/p>\n
Prot\u00e9ine prion humaine (hPrP), structure chimique. Associ\u00e9e \u00e0 des maladies neurog\u00e8nes, notamment le kuru, l’ESB et le Creutzfeldt-Jakob. Illustration anim\u00e9e Cartoon & Wireframe. Coloration de la structure secondaire (feuilles bleues, h\u00e9lices oranges).<\/p>\n
L’\u00e9valuation de l’inactivation du prion s’appuie sur des exp\u00e9riences compliqu\u00e9es in vivo. L’utilisation d’hypochlorite de sodium \u00e0 des ppm donn\u00e9s, l’hydroxyde de sodium, les d\u00e9tergents alcalins au pH \u00e9lev\u00e9, certains cycles de st\u00e9rilisation \u00e0 basse temp\u00e9rature et l’utilisation combin\u00e9e de ces d\u00e9tergents alcalins avec des cycles \u00e0 basse temp\u00e9rature, ont fait ressortir leur efficacit\u00e9. Celle-ci doit \u00eatre d\u00e9montr\u00e9e dans des conditions parfaitement d\u00e9finies : concentration, temp\u00e9rature, temps d’exposition, etc. et ne sont valables que dans ces circonstances. Les cycles de vapeur \u00e0 134 \u00b0C \/ 18 minutes sont d’une grande efficacit\u00e9 bien que l’inactivation puisse \u00eatre incompl\u00e8te. Il est donc recommand\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 un nettoyage alcalin pr\u00e9alable pour les instruments utilis\u00e9s sur des tissus \u00e0 risques.
Certaines m\u00e9thodes de st\u00e9rilisation, nettoyage et d\u00e9sinfection peuvent favoriser la fixation prot\u00e9ique sur les surfaces des instruments chirurgicaux : alcool, glutarald\u00e9hyde, chaleur s\u00e8che, oxyde d’\u00e9thyl\u00e8ne ou d’autres agents st\u00e9rilisants de type ald\u00e9hydique. Les pays ayant adopt\u00e9 une r\u00e9glementation sur les prions particuli\u00e8re peuvent d\u00e9conseiller l’utilisation de ces m\u00e9thodes ou exiger un proc\u00e9d\u00e9 pr\u00e9alable, non fixateur, avant d’appliquer ces technologies, comme par exemple l’utilisation de d\u00e9tergents alcalins au pH \u00e9lev\u00e9, le fabricant d\u00e9clarant leur capacit\u00e9 inactivante.<\/p>\n
Enfin, certains pays peuvent fixer leurs propres r\u00e9glementations quant aux m\u00e9thodes et seuils de d\u00e9tection des r\u00e9sidus de prot\u00e9ine sur les dispositifs m\u00e9dicaux, en appliquant des niveaux et des pr\u00e9cautions suppl\u00e9mentaires pour les instruments utilis\u00e9s sur des tissus \u00e0 haut risque. Par exemple, les recommandations du HTM 0101 britannique de 2017 \u00e9tablissent des niveaux inf\u00e9rieurs \u00e0 5 \u00b5g de r\u00e9sidus prot\u00e9iques pour le mat\u00e9riel \u00e0 risque et inf\u00e9rieur \u00e0 8 \u00b5g pour le reste. La mise en \u0153uvre de m\u00e9thodes de d\u00e9tection prot\u00e9ique peut \u00eatre tr\u00e8s utile dans le cas des RUMED afin d’\u00e9tablir une \u00e9valuation du risque.<\/p>\n
1<\/sup> Human prion diseases: surgical lessons learned from iatrogenic prion transmission. David J. Bonda et col. Neurosurgical Focus. 2016 Jul; 41(1): E10.<\/p>\n Autres sources utilis\u00e9es :<\/strong><\/p>\n \u00abPrion\u00bb est un terme employ\u00e9 pour d\u00e9crire le myst\u00e9rieux agent infectieux responsable de plusieurs maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives qui se manifestent chez des mammif\u00e8res. Le mot vient de \u00ab particule prot\u00e9ique infectieuse \u00bb, terme utilis\u00e9 en 1982 par Stanley B. Prusiner (prix Nobel de m\u00e9decine en 1997) pour se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l’agent infectieux qui provoquait la tremblante […]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":248940,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_et_pb_use_builder":"","_et_pb_old_content":"","_et_gb_content_width":"","inline_featured_image":false},"categories":[183],"tags":[],"acf":[],"yoast_head":"\n\n